Hommage au frère Gérald Morin

Cher frère Gérald Morin, doyen de la Province.

Il est difficile de résumer 97 années de vie aussi bien remplie, dont 80 en vie religieuse dans une courte page de texte, sans faire des oublis importants.

Le frère Gérald est né Montréal en 1923 en la paroisse Saint-Georges.

En 1938, il entre au juvénat d’Iberville et dès l’année suivante, il commence son postulat. C’est un 1940 qu’il termine son noviciat et fait ses premiers vœux. Il a 17 ans seulement.

Déjà, en 1941, après une seule année d’école normale, Gérald est professeur à Normandin. Il n’a pas 20 ans!

C’est en 1950, soit neuf années plus tard, que le frère Gérald quitte le Canada pour l’Afrique du Sud pour perfectionner son anglais et enfin rejoindre ses confrères en Rhodésie du Sud qui deviendra, après l’indépendance, le Zimbabwe.  Il  reviendra définitivement au Québec en 2001. Quelle vie!

Signalons quelques traits de sa personnalité et de ses engagements.

Tous ses confrères et particulièrement ses anciens élèves reconnaissent qu’il était un bon professeur. Certes, il était exigeant et autoritaire, mais il était juste et dévoué. Avec lui, pas d’échecs aux examens de mathématiques. Nous étions prêts aux examens officiels au moins deux mois à l’avance.

En plus d’être professeur, Gérald participait activement aux constructions à la mission de Kutama dont il était le surveillant. Encore là, nous revoyons Gérald, l’homme minutieux et pratique, veiller au bon déroulement des travaux.

Pendant sa vie Gérald a eu plusieurs responsabilités. Il était Directeur d’école dans le contexte tumultueux d’une société en quête de son indépendance. Il a vécu des moments difficiles. Il avait la force de caractère pour prendre courageusement des décisions afin de  maintenir l’ordre et la discipline lors des manifestations. Il a été aussi Supérieur du District (Visiteur) pendant quelques années. Et comme si ce n’était pas suffisant, Gérald a été aussi un manuel. Il a été relieur à Saint-Vincent de Paul et aussi à Harare. Il était sportif : hockey au Canada, tennis, basket, rien ne l’arrêtait.

Le frère Gérald aimait participer aux temps fraternels dans sa communauté. En bon mathématicien et astucieux qu’il était, il aimait le bridge.

Comme religieux, Gérald a été un témoin fidèle d’une vie engagée. Il avait développé un sens pratique de l’engagement inspiré sans doute de la lettre de Saint-Jacques : « La foi sans les œuvres est sans fondement ». Pour le frère Gérald, son engagement n’était pas que des paroles sans fondement,  mais bien  des actes concrets.

Acceptez nos félicitations, cher frère Gérald. Que toutes ces années de vieillissement et de dénuement, malgré les inconvénients au plan de l’audition et de la vision, vous conduisent vers Celui qui a toujours été votre guide et votre Maître depuis votre tendre enfance.

                                                                                                                      Réal Cloutier

                                                                                                                      Mai 2020.

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