Lavalla WK 2019

Durant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, du 11 au 14 octobre derniers, cinq élèves de l’ESMC se sont rendus au Marist Brothers center à Poughkeepsie, afin de vivre l’expérience du Lavalla Weekend. Évidemment, ils ont profité de la route pour partager leurs chansons préférées. Une expérience d’ouverture, de conscientisation, de rencontre, de partage, de réseautage.
Avant même de prendre la route, ils ont dû recueillir de l’eau de leur région pour l’emporter avec eux. Ils ont été imités par des jeunes venant d’écoles maristes de plusieurs coins des États-Unis. Durant la première soirée, ils ont participé à un rite de mélange des eaux pour représenter la communauté qu’ils auront formée pendant un bref instant.
 
Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’en même temps qu’ils s’adonnaient à des jeux brise-glace, leurs accompagnateurs préparaient une simulation à laquelle ils allaient participer le lendemain, dont le but serait de les emmener à se mettre dans les chaussures d’un immigrant illégal aux États-Unis.
 
Ils ne se doutaient pas, au moment où ils formaient des équipes-familles et où ils élaboraient leurs personnages et background -raisons du départ de leur pays attribué-, que la majorité de leurs bagages seraient inaccessibles le lendemain, qu’on leur demanderait de retirer leurs chaussures pour enfiler des flip-flop et qu’on leur remettrait du dentifrice dans des gobelets à ketchup. Si certains étaient déjà poussés vers la limite de leur zone de confort, c’était sans compter une marche pénible dans les bois avec des handicaps et défis propres à certains personnages (porter un bébé, blessures, âge jeune ou plus avancé), avec pour seuls effets une cruche d’eau et une liste hypothétique d’objets : ils en perdront une bonne partie quand ils rencontreront des passeurs. Ils ont dû traverser une frontière et ils se sont fait arrêter par des accompagnateurs-agents frontaliers, afin d’être dirigés vers un centre pour immigrants, dans lequel ils ont rempli des formulaires incompréhensibles, où certains pères et enfants étaient séparés de leur groupe-famille et où ils attendaient dans certains lieux délimités pour un temps indéfini.
 
Ils ont ensuite assisté à une formation offerte par Beth, une bénévole dans un réel centre frontalier pour les immigrants, afin de comprendre la signification des épreuves auxquels ils ont fait face durant la journée : le retour sur leur expérience a laissé paraître qu’ils ont retenu la complexité et la difficulté du parcours des immigrants, les invitant à la compassion à leur égard. Les maristes de ce pays projettent ainsi la tenue d’une semaine de conscientisation sur les enjeux vécus par ces populations, du 2 au 6 mars prochains.
 
Le lendemain, ce fut une journée où il leur fut possible de donner de leur temps pour l’avancement ou la restauration de différents projets sur le site (aménagement paysager, nettoyage du labyrinthe méditatif, vernissage des bancs d’extérieur) ainsi que pour la visite d’un centre où une bénévole, seule, pourvoie aux besoins de dizaines de personnes sans domicile fixe de la région. Ces moments font écho à l’expérience des premiers frères, pour qui le travail manuel et le soutien aux personnes en conditions difficiles et marginales revêtaient une valeur fondamentale, la mission étant l’un des principaux piliers de la spiritualité mariste. Un traditionnel feu de camp, accompagné d’histoires de peur de Matt Fallon, a terminé en beauté cette journée productive et riche.
 
Pour nos étudiants canadiens, cette expérience leur a permis de faire face aux défis de la langue, de rencontrer des jeunes maristes à la culture et au vécu différents des leurs afin de créer des amitiés et de partager des moments forts en émotions, ainsi que d’assister, de découvrir et de s’ouvrir à une tradition religieuse qui est moins présente aujourd’hui au Québec. Ils ont pu respectueusement observer comment la méditation, la prière et la réflexion aux moments des repas, en matin ou en soirée ponctuent la vie de leurs voisins et permettent divers cheminements personnels et spirituels.
À la fin, chaque école est repartie avec un flacon d’eau rempli de souvenirs et de réflexions…